Pourquoi les milliardaires investissent des sommes considérables dans l’art contemporain ?

Dans le film « Wall Street » de 1987, Michael Douglas jouait le rôle de Gordon Gekko, un pirate financier impitoyable et puissant, alors que Charlie Sheen interprétait Bud Fox, un agent de change de Wall Street en pleine ascension qui finissait par devenir l'un des traders de Gekko.

Pourquoi les milliardaires investissent des sommes considérables dans l’art contemporain ?
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Dans le film « Wall Street » de 1987, Michael Douglas jouait le rôle de Gordon Gekko, un pirate financier impitoyable et puissant, alors que Charlie Sheen interprétait Bud Fox, un agent de change de Wall Street en pleine ascension qui finissait par devenir l’un des traders de Gekko. Dans une scène, ce dernier mentionne le tableau « Paysage », une huile sur toile de 1974 du peintre espagnol Joan Miro (1893-1983).

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« Cette peinture-là. M’a coûté 60 000 dollars il y a dix ans. Aujourd’hui, j’en tirerai plus de 600 000. L’illusion s’est transformée en réalité et à mesure qu’elle devient plus réelle, ton besoin de la posséder grandit. Le capitalisme triomphant ».


Source : 20th Century Fox

Tout au long du film, on retrouve sur les murs des riches des œuvres d’art réalisées, entre autres, par Jean Dubuffet, Lucas Samaras, Jim Dine, Robert Mirmelin, Keith Haring, Julian Schnabell et James Rosenquist.

Mais les richissimes fictifs des années 1980 ne sont pas les seuls à investir dans l’art. Deux personnes remarquables dans la vie réelle de nos jours sont Robert Soros et le fondateur d’Amazon.com Inc. (NASDAQ:AMZN), Jeff Bezos. Le premier a créé Soros Capital Management et est fils aîné de l’investisseur milliardaire George Soros, connu pour avoir vendu à découvert la livre sterling en 1992. Le second a fait fortune grâce au commerce en ligne.

ARTnews.com a rapporté que la même année où Bezos est devenu la première personne au monde dont la fortune dépassait les 200 milliards de dollars, il s’est fait connaître comme un collectionneur d’art. Une peinture d’Ed Ruscha intitulée « Hurting the Word Radio #2 » (1964) a été vendue pour 52,5 millions de dollars lors d’une vente aux enchères de Christie’s en novembre 2019 à un enchérisseur anonyme par téléphone, établissant un record pour l’artiste. L’acheteur anonyme s’est avéré être Bezos, selon une infolettre de Baer Faxt, dévoilant que le milliardaire avait également acheté « Vignette 19 » (2014) de Kerry James Marshall lors d’une vente aux enchères de Sotheby’s pour 18,5 millions de dollars.

Alors, pourquoi les richissimes, tels que Soros et Bezos, pour n’en citer que deux, s’intéressent-ils autant aux beaux-arts ?

En effet, les prix de l’art contemporain ont dépassé le S&P 500 de près de trois fois entre 1995 et 2020. Elle s’est également apprécié plus rapidement que les actions, les sociétés immobilières et même l’or en période de forte inflation. Il est donc parfaitement logique que ceux qui ont les moyens d’investir dans l’art plusieurs millions de dollars le fassent.

L’investisseur moyen, cependant, peut trouver difficile – voire impossible – d’investir dans des œuvres valant des millions de dollars. Pour pallier ce problème, de nouvelles entreprises permettent aux investisseurs d’acheter des « parts » d’œuvres d’art pour un investissement minimal. Ces œuvres sont stockées en toute sécurité pendant qu’elles prennent de la valeur, puis vendues et le produit de la vente est distribué aux actionnaires.

Les gens ordinaires peuvent désormais investir dans l’art, tout comme des milliardaires tels que George Soros et Jeff Bezos.

Photo par Hayk_Shalunts, disponible sur Shutterstock