Les analystes s’attendent à ce que les bénéfices du S&P 500 s’envolent de 40,7 % en 2021, compte tenu d’une comparaison extrêmement faciles par rapport aux périodes pré-pandémie. Mardi, le co-fondateur de DataTrek Research, Nicholas Colas, a déclaré que l’un des impacts de cette explosion des bénéfices pourrait être une énorme augmentation des rachats d’actions du S&P 500.
Les chiffres
En 2019, c’est-à-dire avant la pandémie, les sociétés du S&P 500 avaient déclaré des résultats nets d’exploitation de 1,305 milliard de dollars, dont environ 485 milliards (soit 37 %) ont été destinés aux dividendes, tandis que 729 milliards (soit 56 %) ont été alloués aux rachats d’actions.
En 2018 et 2019, respectivement 99 % et 93 % des résultats nets d’exploitation du S&P 500 sont allés soit aux dividendes, soit aux rachats.
« Considérant que les bénéfices des membres su S&P dépassent désormais de 23 % ceux des années 2018-2019 (notamment, un BPA de 162 dollars à l’époque contre 200 dollars actuels), nous devrions nous attendre à ce que de nombreuses sociétés relèvent sensiblement leur retour de liquidité aux actionnaires pour la fin 2021 et jusqu’en 2022 », a affirmé Colas.
Rachats vs dividendes
Le co-fondateur de DataTrek Research explique également que, compte tenu du contexte actuel, ainsi que des incertitudes qui nous attendent en 2022 et au-delà, il est fort probable que les entreprises privilégient les rachats par rapport aux dividendes, car les investisseurs ont tendance à réagir de manière plus négative aux baisses de ces derniers qu’à une pause dans les rachats, en cas de nouveau ralentissement économique.
Au premier trimestre 2021, les sociétés du S&P 500 rachetaient des actions à un taux annuel d’environ 712 milliards de dollars.
Si celles-ci devaient revenir aux niveaux de 2018 et 2019 sur la base des prévisions de bénéfices actualisées, le taux annuel de rachat augmenterait à 1 000 milliards de dollars à peu près, a ajouté Colas. Autrement dit, les investisseurs peuvent s’attendre à au moins 250 milliards de dollars supplémentaires par trimestre en rachats au cours des prochains trimestres.
Un taux de rachat élevé est généralement une bonne nouvelle pour le SPDR S&P 500 ETF Trust (NYSE:SPY), mais le simple retour du rendement du capital aux niveaux pré-pandémie n’est pas un catalyseur particulièrement haussier.
« Une forte augmentation des rachats d’actions est donc certainement une bonne nouvelle, quoique non pas exceptionnelle, pour les actions américaines », a conclu l’analyste.
L’opinion de Benzinga
Les investisseurs doivent comprendre qu’une augmentation potentielle des rachats aura un impact plus sensible sur certains secteurs du marché que d’autres. En effet, Colas a souligné que les domaines de la technologie et de la finance ont représenté à eux seuls 52 % des rachats totaux du S&P 500 au cours des cinq dernières années.