Le président biélorusse Alexander Lukashenko a libéré 123 détenus samedi après des négociations impliquant un envoyé américain.
Cette décision fait suite à la reprise des relations diplomatiques entre Minsk, la capitale de la Biélorussie, et Washington.
Le groupe libéré comprenait d’éminents prisonniers politiques arrêtés depuis longtemps après les troubles survenus en Biélorussie en 2020, rapporte Reuters.
La libération faisait suite à deux jours de discussions à Minsk impliquant un représentant du président Donald Trump. En échange, Washington a accepté d’assouplir les sanctions sur les exportations biélorusses de potasse, rapporte Reuters.
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Libération de prisonniers de haut profil
Parmi les personnes libérées figurait Ales Bialiatski, lauréat du prix Nobel de la paix et défenseur des droits de l’homme depuis de nombreuses années. Les autorités l’avaient emprisonné depuis la mi-2021 pour son activisme. Sa détention avait suscité des critiques constantes de la part des gouvernements occidentaux, écrit Reuters.
Les autorités ont également libéré Maria Kalesnikava, une figure centrale des manifestations de masse qui ont contesté le régime de Loukachenko en 2020. Elle est devenue un symbole de la résistance de l’opposition après que les forces de sécurité l’aient arrêtée pendant la répression.
L’ancien espoir présidentiel Viktar Babaryka faisait aussi partie des personnes libérées. Il avait été détenu alors qu’il préparait un défi électoral contre Loukachenko.
Changement de politique des États-Unis en matière de sanctions
Les responsables américains ont confirmé que l’administration Biden allait lever les restrictions sur les livraisons biélorusses de potasse. La potasse reste essentielle aux marchés mondiaux des engrais et constitue une importante exportation pour la Biélorussie, rapporte Reuters.
Ce changement de politique constitue la plus grande concession de Washington à l’égard de Minsk depuis plusieurs années. Les responsables ont présenté cette mesure comme faisant partie d’un effort diplomatique plus large.
Réaction de l’opposition et accent mis sur l’humanitaire
Tatsiana Khomich, la sœur de Kalesnikava, a déclaré aux journalistes qu’elle avait parlé avec elle après sa libération. Kalesnikava a déclaré qu’elle se sentait reconnaissante des efforts internationaux en faveur de sa liberté.
Le chef de l’opposition en exil Sviatlana Tsikhanouskaya a salué les résultats humanitaires, mais a exhorté l’Europe à maintenir la pression. Elle a déclaré que les sanctions ciblées avaient permis d’obtenir des libérations de prisonniers.
Calculs stratégiques à Washington
Les responsables américains ont déclaré que cet engagement visait à réduire la dépendance de la Biélorussie à l’égard du président russe Vladimir Poutine. La Biélorussie est restée un allié proche de Moscou tout au long de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Trump a publiquement décrit Loukachenko comme « le président très respecté de la Biélorussie », ajoute Reuters. La remarque a mis en colère les figures de l’opposition qui l’ont qualifié de dirigeant autoritaire.
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Image : Shutterstock/ToskanaINC
