La semaine dernière, le mardi, la sénatrice américaine Elizabeth Warren a demandé à la Commodity Futures Trading Commission que le personnel chargé de l’application des lois de l’agence examine les mouvements soudains et coûteux sur les contrats à terme du pétrole qui sont apparus juste avant deux déclarations majeures de l’administration Donald Trump liées au conflit iranien. Cette demande intervient alors que Warren avertit que le changement brutal de politique est déjà en train d’éroder la confiance à l’étranger et au pays, un thème qu’elle a abordé en discutant des partenariats des États-Unis dans le monde.
Warren, avec son collègue démocrate le sénateur Sheldon Whitehouse, a écrit une lettre au président de la CFTC expliquant que l’activité du 23 mars a éclaté dans les minutes précédant l’utilisation de Truth Social par Trump pour annoncer que les États-Unis poursuivaient des pourparlers avec l’Iran visant à apaiser les combats. La lettre indiquait que ce post coïncidait avec un bond des indices boursiers ainsi qu’une chute du brut, et elle soutenait qu’il n’y avait eu aucun élément déclencheur public avant cela qui aurait pu signaler ce mouvement.
Des schémas de négociation inhabituels nécessitent une enquête
Les législateurs ont fait référence à un reportage qui décrivait une mise d’environ 500 millions de dollars sur le New York Mercantile Exchange placée peu avant que Trump ne dise qu’il reporterait ses frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes, un changement qui a fait baisser le prix du brut. La lettre indiquait que les observateurs du marché et les experts juridiques avaient qualifié le timing de cette opération de suspect, et qu’il était suffisant pour justifier que les régulateurs examinent cela de plus près.
Warren a également signalé un deuxième épisode le 7 avril, lorsque le pétrole a chuté d’environ 15 % après que Trump ait annoncé un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran. Dans les heures précédant cette annonce, la lettre indiquait que les traders avaient pris une position estimée à 950 millions de dollars qui avait profité de la baisse des prix.
Alors que la demande de la CFTC est centrée sur la surveillance des contrats à terme, Warren soutient que cette prise de décision imprévisible engendre des coûts plus larges pour la crédibilité des États-Unis, en particulier dans les relations commerciales. Dans une interview accordée à Fortune, elle a déclaré : “Donald Trump a causé d’énormes dégâts aux partenariats des États-Unis dans le monde”.
Les changements de politique pourraient-ils manipuler les marchés ?
La lettre a présenté les échanges de pétrole comme faisant partie d’un schéma plus large de paris bien chronométrés sur plusieurs marchés, y compris les options sur actions et les marchés des prédictions, liés aux décisions de l’administration Trump. Selon la lettre, un récent rapport des médias a identifié au moins trois autres cas où le trading semblait anticiper les actions du gouvernement avant qu’elles ne soient rendues publiques.
Un exemple cité dans la lettre impliquait l’activité d’options d’avril 2025 peu avant que Trump n’annonce la pause tarifaire du “Jour de la Libération”, qui a été suivie d’une hausse de 9,5 % du S&P 500. Un autre exemple impliquait les paris de Polymarket en janvier 2026 qui ont donné lieu à plus de 400 000 dollars liés au renversement du leader vénézuélien Nicolás Maduro, le dernier pari ayant été placé quelques heures avant un raid américain.
La critique de Warren vis-à-vis des tarifs s’est appuyée sur des données qui, selon elle, montrent une réelle tension économique parallèlement à l’incertitude. Elle a fait référence aux chiffres de la Fed de Saint-Louis montrant que l’investissement privé fixe dans le secteur manufacturier est tombé de 5,2 % au premier trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, et elle a soutenu que les signaux tarifaires changeants s’ajoutent aux coûts des ménages.
La Maison Blanche, par l’intermédiaire de son porte-parole Kush Desai, a défendu cette hausse des tarifs en disant qu’elle favorisait les électeurs et a affirmé avoir suscité des engagements d’investissement de plusieurs milliards de dollars, ainsi que des milliers d’emplois et de nouveaux accords commerciaux. Desai a également critiqué le message de Warren, en disant qu’elle “parle” tandis que Trump “agit”.
Réaffecter les fonds militaires au bien-être social
Cet examen du comportement du marché s’aligne sur les critiques récentes de Warren concernant les priorités budgétaires de Trump, où elle a mis en lumière sa déclaration selon laquelle “nous menons des guerres” pour justifier un manque de financement fédéral pour les crèches et les soins de santé. Dans ses remarques, Warren a suggéré que le redéploiement des fonds provenant des engagements militaires pourrait mieux soutenir les familles américaines, en soulignant que ce manque de jugement pourrait finalement coûter aux contribuables environ 1 milliard de dollars par jour.
Ces commentaires antérieurs reflètent la campagne en cours de Warren visant à faire évoluer la conversation autour des dépenses nationales, qui, selon elle, devrait donner la priorité au bien-être social plutôt qu’aux dépenses militaires. Cette discussion plus large sur les priorités en matière de dépenses souligne les implications potentielles pour la crédibilité des États-Unis et la confiance de ses partenaires, alors qu’elle continue à défier l’approche de Trump en matière de politique étrangère et d’investissement national.
Comment les gros paris signalent la turbulence politique
Dans leurs questions à la CFTC, les sénateurs ont demandé si la division chargée de l’application avait ouvert une enquête sur les échanges de pétrole du 23 mars et du 7 avril, et si oui, quand elle avait commencé et ce qu’elle couvre. Ils ont également demandé comment l’agence travaille avec les bourses et d’autres entités réglementées pour partager des informations et repérer les inconduites potentielles.
La lettre a en outre pressé la CFTC de révéler les outils de surveillance du marché qu’elle utilise pour connecter une activité inhabituelle de contrats à terme avec des déclarations gouvernementales majeures pour le marché, et si ces outils ont mis en évidence les échanges en question. Elle a également demandé comment l’agence envisage d’appliquer la section 4c(a) de la loi sur les échanges de marchandises, y compris les mesures qu’elle prend pour s’assurer que l’application des lois ne soit pas limitée par des pressions politiques ou institutionnelles.
