Alors que l’Assemblée des experts en Iran s’apprête à confirmer un nouveau guide suprême, le président Donald Trump a exprimé son désir d’être “personnellement impliqué” dans le processus de sélection, qualifiant Mojtaba Khamenei de “personne sans envergure” et faisant des parallèles avec son approche du dossier vénézuélien. Trump a indiqué que les États-Unis pourraient envisager un “changement de régime en Iran”, mais il reste sceptique quant au favori actuel.
Ce contexte d’intérêt américain intensifie les enjeux entourant la transition du leadership, en particulier à mesure que les tensions militaires s’aggravent, la Garde révolutionnaire ayant récemment revendiqué la responsabilité d’une attaque contre un pétrolier lié aux États-Unis dans le golfe Persique. La situation reflète un conflit plus large qui a entraîné des perturbations importantes dans le trafic des pétroliers, ce qui a eu un impact sur les prix mondiaux du pétrole, qui ont augmenté d’environ 18 % depuis le début des hostilités.
Selon le Jerusalem Post de dimanche, l’Assemblée des experts d’Iran a confirmé qu’elle avait choisi un nouveau guide suprême, le membre Ahmad Alamolhoda déclarant que Hosseini Bushehri ferait l’annonce officielle.
Les premiers signaux indiquent Mojtaba Khamenei comme le choix le plus probable, et la perspective d’un fils suivant son père alimente le débat sur les échos dynastiques dans un système fait pour rejeter la monarchie, alors que les inquiétudes concernant la succession dynastique s’intensifient.
Selon le rapport, la décision a été prise au sein du corps clérical, mais le nom choisi n’a pas encore été officiellement communiqué, les membres décrivant une quasi-entente alors que des obstacles non résolus persistent.
Pourquoi la transition du leadership en Iran est-elle cruciale ?
Le vide de leadership en Iran a été comblé par un trio intérimaire : le président Masoud Pezeshkian, le juge en chef Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i et le clerc Alireza Arafi. Parallèlement, une autre figure de l’Assemblée, Ahmad Khatami, a déclaré à la télévision d’État mercredi que l’Assemblée était “proche d’une conclusion”, sans identifier les finalistes.
Selon le rapport de Reuters, un autre membre de l’Assemblée, Mohsen Heidari Alekasir, a lié les critères de sélection aux directives attribuées au défunt dirigeant, selon lesquelles le futur leader devrait “être haï par l’ennemi” plutôt que d’être célébré à l’étranger.
La défense israélienne a également émis des avertissements sans équivoque, le ministre de la Défense Israel Katz déclarant mercredi que tout successeur pourrait être assassiné, “quel que soit son nom ou l’endroit où il se cache”.
Les militaires israéliens ont également amplifié la menace en ligne, le compte de l’IDF en langue farsi publiant sur X qu’il poursuivrait quiconque occuperait ce poste et avertissant également les participants à la réunion de sélection qu’il les prendrait pour cible. Comme l’a rapporté le Jpost, le message a suivi l’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei et a présenté la succession comme une tentative de la direction iranienne de se reconstituer.
Qui tire les vraies ficelles en Iran ?
Le différend interne porte également sur la légitimité et l’optique, car Mojtaba n’a pas occupé de poste gouvernemental officiel même s’il a combattu lors de la guerre Iran-Irak et étudié à Qom. Sa position cléricale est communément décrite comme hojatoleslam, un échelon en dessous du rang d’ayatollah, souvent associé au poste le plus élevé.
Ce CV a longtemps été associé à des affirmations d’influence en coulisses, y compris un rôle comparé à celui de Ahmad Khomeini à l’époque de Ruhollah Khomeini, en tant que gardien de confiance et courtier de pouvoir. Mojtaba est né à Machhad en 1969, a étudié la théologie avec des professeurs qui comptaient son père et Mahmoud Hashemi Shahroudi, et a servi au front en 1987-1988.
Le récit du Jpost a indiqué que l’Assemblée s’était principalement réunie en ligne jeudi et a décrit la “forte pression” exercée par les Gardiens de la Révolution pour qu’elle soutienne Mojtaba. Par ailleurs, les reportages l’ont dépeint comme quelqu’un qui a noué des liens au sein de l’appareil de sécurité depuis des décennies, notamment avec des personnalités telles que Ahmad Vahidi, Hossein Taeb et le président du parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
L’impact de l’ascension de Mojtaba Khamenei sur la stabilité régionale
La question dynastique est devenue de plus en plus difficile à ignorer, car l’ayatollah Ali Khamenei, 86 ans, a régné depuis 1989 après avoir succédé à Ruhollah Khomeini, qui a dirigé la révolution de 1979 qui a renversé le Shah. Un transfert de pouvoir d’un père à son fils serait une première pour la République islamique et entrerait en conflit avec son récit fondateur anti-monarchie.
Il y a aussi des signes de résistance au sein de l’établissement clérical, notamment des rapports selon lesquels huit membres de l’Assemblée, composée de 88 membres, ont refusé d’assister au vote et que certains se sont opposés aux références religieuses de Mojtaba. Un autre rapport a indiqué que Khamenei lui-même n’avait pas été à l’aise avec l’idée d’élever son fils au rang de successeur et qu’il avait tenu le sujet hors limites de son vivant.
D’autres dynamiques ont réduit le champ des possibles au fil du temps, notamment la mort de l’ancien président Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère en 2024 alors qu’il était considéré comme un prétendant de premier plan. Des reportages financiers distincts ont également lié Mojtaba à un vaste réseau d’investissement, en décrivant des propriétés et des canaux de financement qui injectent des milliards de dollars sur les marchés occidentaux, bien que sa richesse personnelle n’ait pas été déterminée publiquement.
