Les marchés ont une fois de plus été dominés par les prix du pétrole, le conflit au Moyen-Orient continuant de s’immiscer dans le reste de l’économie mondiale. Le Brent a gagné environ 8,9 % cette semaine pour s’établir autour de 112 dollars, tandis que le WTI a légèrement reculé à environ 98 dollars. Cependant, les deux sont encore dramatiquement plus élevés que ce qu’ils étaient il y a un mois, en hausse d’environ 55 % et 47 % respectivement, soit suffisamment pour maintenir l’anxiété liée à l’inflation à un niveau élevé même en cas d’arrêt des prix au comptant.
La décision de la Fed de maintenir ses taux inchangés à 3,50 % – 3,75 % n’a laissé aucune place à la surprise. Elle était largement attendue, et l’incertitude accrue due au conflit n’a fait que renforcer l’approche du “wait and see” (attente et observation) des faucons. Cette prudence s’est révélée de plus en plus justifiée au vu des données sur l’inflation, qui ont une fois de plus surpris à la hausse, l’IPP de février s’établissant à +0,7 % m/m contre 0,3 % prévu, et l’IPP de base à +0,5 % contre 0,3 % selon le consensus.
Malgré un contexte de réduction des risques et la hausse des rendements américains qui, normalement, devraient permettre de relever le dollar américain, ce dernier a accusé un retard en raison de la divergence des politiques qui a pris le devant de la scène : les marchés croient de plus en plus que la BCE et, dans une moindre mesure, la BoE pourraient être forcées à adopter une position plus agressive afin de contrer un choc énergétique qui frappe l’Europe de manière asymétrique. Cette remise en prix a soutenu l’euro et maintenu l’offre en dollars, le Dollar Index ayant ainsi reculé tout en restant au-dessus d’un support clé autour de 98,5, soit une impasse inconfortable entre un avantage de taux en déclin et une demande ponctuelle de valeur refuge.
Les paires au centre de l’attention
1.EUR-AUD
Cette paire a montré certains signes de creux, bien qu’il soit prématuré de déclarer une victoire pour les taureaux.

Graphique journalier EUR-AUD, Source : TradingView
Le niveau à surveiller reste 1,65800, et une cassure et un nouveau test de ce niveau méritent d’être surveillés de près pour un retournement significatif à la hausse à court terme.
2. AUD-SGD
Après un début d’année haussier, l’AUD SGD a rencontré des résistances aux plus hauts niveaux de l’année précédente.

Graphique journalier AUD-SGD, Source : TradingView
La configuration technique laisse penser que l’AUD-SGD va faire l’une de ces deux choses : soit franchir la barre des 0,91 pour dépasser cette forte résistance, soit décrocher jusqu’à 0,89 pour tester le support précédent.
La semaine à venir
La semaine à venir permettra d’examiner si cette sous-performance du dollar est une désorganisation temporaire ou le début d’une phase plus persistante au cours de laquelle “l’Europe serait plus faucon que la Fed”.
La volatilité du pétrole reste un facteur macroéconomique dominant, et les facteurs les plus importants pour les devises sont la prime énergétique induite par le conflit et l’incertitude entourant les perturbations du GNL. C’est le principal point d’inconnue pour l’Europe, qui risque d’intensifier l’inflation.
Dans le même temps, les taux américains ont techniquement augmenté, et si les rendements à 10 ans continuent de grimper vers la zone de résistance la plus proche, près de 4,6 %, le dollar pourrait regagner du terrain – notamment contre les monnaies à rendement plus faible – si le marché commence à interpréter le “wait and see” comme une volonté de maintenir les taux d’intérêt à un niveau “plus élevé plus longtemps”.
Deux discours de la Fed sont au programme, notamment ceux du vice-président Barr et de Daly de la Fed de San Francisco. Leurs analyses permettront de juger l’appétit des décideurs en matière de persistance de l’inflation et des facteurs de conflit. Par ailleurs, le PMI flash de mardi, les ventes de maisons neuves et les demandes d’allocations chômage hebdomadaires offriront une lecture sur l’impact de la hausse des prix de l’énergie.
Le positionnement des actions semble fragile, le Dow Jones évoluant au-dessus de la zone de support psychologique massive des 45 000 ; une rupture décisive pourrait déclencher un épisode de désendettement plus profond qui rétablirait probablement la demande classique de liquidités en dollars américains et en yens japonais.
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