À partir du 2 décembre 2025, Vanguard Group Inc., le deuxième plus grand gestionnaire d’actifs au monde, a commencé à autoriser les ETF cryptographiques sur sa plateforme de courtage, renversant ainsi des années d’opposition farouche aux actifs numériques et donnant à plus de 50 millions de clients l’accès au Bitcoin (CRYPTO : BTC ) et à une sélection de produits altcoin.
Ce changement de politique permet aux clients du service de courtage de Vanguard, qui gèrent environ 11 000 milliards de dollars d’actifs, de négocier des ETF détenant du Bitcoin, de l’Ethereum (CRYPTO : ETH ), du XRP (CRYPTO : XRP ) et de la Solana (CRYPTO : SOL ). Ce revirement marque un départ spectaculaire par rapport à l’opinion de longue date de la firme, qui considérait que les cryptomonnaies étaient trop volatiles et spéculatives pour figurer dans des portefeuilles sérieux.
La fin d’années de résistance
Lorsque les ETF au comptant sur le Bitcoin ont été lancés en janvier 2024, Vanguard a immédiatement bloqué l’accès de ses clients, déclenchant la campagne #BoycottVanguard sur les réseaux sociaux. Les clients qui ont tenté d’acheter des produits tels que l’iShares Bitcoin Trust de BlackRock Inc. ont rencontré des messages d’erreur indiquant que les transactions n’avaient pas pu aboutir.
L’ancien PDG Tim Buckley a constamment déclaré que le Bitcoin était trop volatile et ne pouvait être considéré comme une réserve de valeur. La firme a maintenu cette position même lorsque des concurrents tels que BlackRock, Fidelity et Franklin Templeton ont lancé avec succès des produits cryptographiques qui ont attiré des milliards de capitaux d’investisseurs tout au long de l’année 2024.
Un nouveau leadership à l’origine d’un pivot stratégique
La transformation s’est opérée sous la houlette de Salim Ramji, qui a assumé le rôle de PDG en juillet 2024 après avoir été responsable mondial des investissements indiciels et iShares chez BlackRock. Ramji a aidé à lancer l’ETF au comptant sur le Bitcoin de BlackRock avant de rejoindre Vanguard, faisant de lui le premier dirigeant venu de l’extérieur à la tête de cette firme d’investissement vieille de 50 ans.
Andrew Kadjeski, responsable du courtage et des investissements chez Vanguard, a expliqué que les ETF cryptographiques avaient été testés en conditions de volatilité du marché, et qu’ils avaient fonctionné comme prévu tout en maintenant la liquidité. Il a noté que les processus administratifs pour la gestion de ces fonds avaient mûri, et que les préférences des investisseurs continuaient d’évoluer.
Conditions du marché et calendrier
La décision arrive à une période turbulente pour les marchés cryptographiques. Le Bitcoin se négocie actuellement autour de 86 600 dollars, en baisse d’environ 30 % par rapport à son sommet d’octobre, qui était supérieur à 126 000 dollars. Malgré la récente volatilité, l’appétit institutionnel pour l’exposition cryptographique réglementée reste fort. L’iShares Bitcoin Trust de BlackRock a culminé à près de 100 milliards de dollars d’actifs avant de chuter à environ 70 milliards de dollars.
L’analyste des ETF de Bloomberg, Eric Balchunas, a noté que le Bitcoin avait augmenté d’environ 6 % à l’ouverture du marché américain mardi, lors de la première séance après que Vanguard ait levé son interdiction de négociation. Il a attribué cette hausse en partie à la demande inattendue des clients généralement conservateurs de Vanguard qui ont enfin obtenu une exposition cryptographique.
Maintien d’une approche conservatrice
Vanguard a souligné qu’il n’avait pas l’intention de lancer ses propres produits cryptographiques et qu’il exclurait les fonds liés aux memecoins, tels que décrits par la Securities and Exchange Commission. La firme traitera les ETF cryptographiques de la même manière que les autres classes d’actifs non fondamentales, comme l’or, en exigeant que les produits répondent à des normes établies avant d’être éligibles à la cotation.
Cette approche sélective permet à Vanguard d’être accessible sur le plan cryptographique sans devenir crypto-native, en préservant sa réputation de stratégie d’investissement conservatrice tout en répondant aux besoins de clients ayant des besoins et des profils de risque divers.
Pression concurrentielle
Le revirement de Vanguard fait suite à une pression soutenue de plusieurs directions. Les clients demandaient depuis des années l’accès à des produits cryptographiques réglementés, et beaucoup d’entre eux ont transféré leurs comptes à des concurrents tels que Fidelity et Charles Schwab, qui ont adopté les actifs numériques plus tôt.
Les ETF altcoin ont montré une résilience au sein d’une faiblesse plus large du marché. Les ETF XRP ont attiré 756 millions de dollars d’investissements depuis leur lancement le 13 novembre, tandis que les ETF Solana ont enregistré 605 millions de dollars d’entrées depuis leurs débuts en octobre. Balchunas prévoit que plus de 100 nouveaux produits cryptographiques seront lancés au cours des six prochains mois.
Implications pour l’industrie
Le mouvement élimine efficacement la dernière grande barrière institutionnelle empêchant les investisseurs américains ordinaires d’accéder à la crypto-monnaie via des produits ETF réglementés. Ce changement de politique donne accès à des produits issus d’émetteurs majeurs tels que BlackRock, Fidelity, Grayscale et Franklin Templeton.
Si ne serait-ce qu’une fraction des 50 millions de clients en courtage de Vanguard allouait du capital à des ETF cryptographiques, les flux qui en résulteraient pourraient avoir un impact significatif sur le marché et accélérer les tendances d’adoption institutionnelles. Les observateurs du marché interprètent ce changement comme un pragmatisme de la rétention des clients plutôt que comme une conversion idéologique.
Pour les défenseurs des cryptomonnaies qui ont critiqué la résistance de Vanguard tout au long de l’année 2024, ce revirement valide leur opinion selon laquelle les actifs numériques ont mûri en tant que véhicules d’investissement légitimes méritant d’être accessibles au grand public via les plateformes les plus fiables de l’industrie financière.
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