Une nouvelle recherche de Chainalysis montre que les cryptomonnaies agissent une fois de plus comme une « soupape de sécurité financière » en Iran en période de crise.
Les données on-chain indiquent qu’à la suite des frappes aériennes américano-israéliennes du 28 février, il y a eu une forte augmentation des sorties de Bitcoin (CRYPTO: BTC) des plateformes d’échange iraniennes.
Quelques heures après la diffusion de la nouvelle, les retraits horaires ont connu une augmentation spectaculaire, atteignant parfois ou dépassant les 2 millions de dollars.
Le 2 mars, les sorties cumulées depuis le 28 février avaient atteint environ 10,3 millions de dollars, soit bien au-dessus de l’activité de base habituelle.
Ce schéma reflète les pics précédemment observés lors de crises, notamment les bombardements de Kerman en 2024 et les vagues de protestations.
Durant ces périodes, l’effondrement du rial, l’inflation persistante, la pression des sanctions et l’instabilité politique ont incité de nombreux Iraniens à se tourner vers les cryptomonnaies comme outil de préservation de leur capital.
Il est à noter que les retraits en Bitcoin ont augmenté avant la coupure d’internet du 8 janvier, puis sont retombés à zéro pendant la coupure avant de reprendre une fois l’accès rétabli, ce qui suggère que les utilisateurs avaient anticipé l’instabilité et déplacé leurs fonds de manière proactive.
Qu’est-ce qui explique les flux récents ?
Chainalysis a noté que les sorties récentes reflètent probablement plusieurs facteurs qui se chevauchent :
- Couverture des particuliers : Transfert de fonds vers l’autogarde par les utilisateurs afin de se prémunir contre l’instabilité ou les restrictions.
- Obfuscation des échanges : Transfert de fonds par les plateformes sanctionnées vers de nouveaux portefeuilles afin de réduire la traçabilité, une tactique observée après le piratage de 90 millions de dollars de Nobitex.
- Flux liés à l’État : Acteurs liés au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique utilisant potentiellement les plateformes d’échange nationales pour échapper aux sanctions et effectuer des transferts transfrontaliers.
Dans l’ensemble, cela renforce une tendance bien connue : le stress géopolitique en Iran a tendance à déclencher des pics d’activité dans le secteur des cryptomonnaies, stimulés par la fuite des capitaux des particuliers, la manœuvre des plateformes d’échange et les mouvements liés à l’État.
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