Une hausse considérable du nombre d’essais sur les animaux est prévue par Cruelty Free Europe, dans le contexte des projets de nouveau règlement européen en matière de produits chimiques

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BRUXELLES, 31 mars 2022 /PRNewswire/ — Au moment où la Commission européenne mène sa consultation publique sur les projets de révision du système de gestion des produits chimiques de l’UE, l’organisation de protection des animaux Cruelty Free Europe avertit que, sans changements significatifs, les propositions pourraient se traduire par des millions d’expérimentations animales supplémentaires et des progrès insuffisants en matière de protection de la santé humaine et de l’environnement.

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A rat with a cannula at the Vivotecnia contract research facility in Madrid, taken as part of Cruelty Free International’s investigation into animal abuse at the laboratory, published in April 2021. © Cruelty Free International and Carlota Saorsa.

Les scientifiques de Cruelty Free Europe ont réalisé des calculs qui démontrent que deux des changements proposés, pour la perturbation endocrinienne et, pour la première fois, les substances polymères, pourraient impliquer au moins six millions d’animaux vertébrés supplémentaires, dont des rats, des grenouilles et des poissons, dans les nouveaux tests requis pour les seuls produits chimiques actuellement utilisés dans l’UE.

Cruelty Free Europe estime que les propositions de la Commission européenne1 concernant l’information systématique sur les perturbateurs endocriniens entraîneront l’utilisation de 3,6 à 5,1 millions d’animaux supplémentaires2 pour de nouveaux tests.

La Commission a également présenté des propositions visant à étendre les règles aux polymères3. Cruelty Free Europe estime qu’au moins 1 590 000 animaux vertébrés pourraient souffrir et mourir dans les nouveaux tests, mais ces chiffres pourraient augmenter de façon spectaculaire.

Le test biologique de Hershberger est l’un des tests sur animaux qui semble destiné à être utilisé de manière systématique. Mis au point dans les années 1930, ce test consiste à castrer chirurgicalement des rats mâles, une procédure qui a elle-même soulevé des inquiétudes en matière de bien-être, avant de leur injecter ou de leur faire ingérer de force le produit chimique testé par un tube dans leur estomac pendant dix jours consécutifs. Les rats sont ensuite tués et disséqués.

Le Dr Emma Grange, responsable de la politique scientifique et de la réglementation chez Cruelty Free Europe, a déclaré : « Les propositions révisées de l’UE sur les produits chimiques tombent à un moment où nous savons que les gens sont déjà préoccupés par les expériences sur les animaux, et il nous faut une action beaucoup plus efficace pour la santé humaine et pour l’environnement. Il est accablant de constater que les projets ne contiennent que peu de nouveautés et cela brise le cœur de penser à toute la souffrance animale inutile ».

Le Dr Grange a exhorté la Commission à réfléchir à nouveau : « Il n’est pas trop tard pour entreprendre des initiatives courageuses, audacieuses et modernes en vue d’utiliser les techniques modernes de sécurité ainsi qu’une approche préventive pour garantir une utilisation sûre des produits chimiques. »

Cruelty Free Europe estime que les méthodes ne faisant pas appel aux animaux offrent un plus grand potentiel pour générer des informations utiles sur les effets d’une substance sur les personnes, sans qu’il soit nécessaire de tester les produits chimiques sur les animaux. Par exemple, l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) s’appuie sur son programme non animal ToxCast pour identifier les perturbateurs endocriniens potentiels. En utilisant une série de tests in vitro, l’EPA a également mis au point une nouvelle approche non animale qui pourrait ouvrir la voie à l’élimination de tests similaires au test biologique de Hershberger.

En juillet 2020, Savanta ComRes a réalisé un sondage pour Cruelty Free Europe qui a montré que près des trois quarts (72 %) des adultes dans les États membres de l’UE sont d’accord pour que l’UE fixe des objectifs et des délais contraignants afin d’éliminer progressivement les tests sur les animaux.

La consultation REACH de la Commission a débuté le 21 janvier et se poursuivra jusqu’en avril.

À propos de Cruelty Free Europe 

Cruelty Free Europe est un réseau dynamique de groupes de protection des animaux, présent au cœur du processus décisionnel de l’UE, qui s’efforce de mettre fin à l’expérimentation animale en Europe et au-delà. L’organisation travaille avec les organes de l’UE et le public pour veiller à ce que les animaux de laboratoire soient pris au sérieux dans l’agenda politique européen et pour faire campagne en faveur d’une science moderne humaine et d’une législation progressiste. www.crueltyfreeeurope.org

1Options politiques pour l’introduction d’exigences d’information standard pour les essais de DE en vertu des annexes VII-X de REACH, telles que communiquées dans le cadre de l’enquête ciblée des parties prenantes 2021 de l’EDC.

2au sens de la directive 2010/63/UE.

3Wood & PFA (2020) Soutien scientifique et technique pour le développement de critères permettant d’identifier et de regrouper les polymères en vue de leur enregistrement/évaluation dans le cadre de REACH et de leur évaluation d’impact.

Cruelty Free Europe Logo

 

Photo – https://mma.prnewswire.com/media/1775905/Rat_with_cannula_at_Vivotecnia__Credit_Cruelty_Free_International_and_Carlota_Saorsa.jpg